3 SUISSES

Le comité d'entreprise tourne en manifestation

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Des salariés ont investi la salle où se tenait le comité d'entreprise extraordinaire. Khelaf Bouacha, DRH, a eu du mal à se faire entendre.

Alors que la direction et les syndicats évoquaient le volet social lors du comité extraordinaire, hier, des salariés de 3 Suisses à Croix ont investi les lieux. Le DRH, Khelaf Bouacha, a été pris à partie.
Il hoche la tête lorsque les salariés l'interrogent sur leur avenir. Tente de se faire entendre, comprendre mais pas facile. Khelaf Bouacha, directeur des ressources humaines chez 3 Suisses France, est pris à partie par les salariés et les syndicats. Alors qu'au siège se tient le CE extraordinaire, des salariés investissent petit à petit la salle. Les uns brandissent des pancartes aux slogans militants, les autres des drapeaux. Les conseillères, nombreuses, saisissent, elles, avec leur appareil photo, la démonstration de leur acte qu'elles ont voulu fort. Les témoignages vont alors se succéder à l'image de Catherine, venue du centre d'appels de Nantes qui doit fermer tout comme quatre autres. « Franchement vous n'avez pas le droit. J'ai aimé cette entreprise. Cela fait près de 37 ans que je suis chez vous, que je m'y implique. Je ne veux pas aller chez Teleperformance. Je veux garder mon poste. Il me reste trois ans avant de partir en retraite », clame-t-elle avant de s'effondrer en larmes puis d'être épaulée par une de ses collègues.
Khelaf Bouacha dit comprendre les inquiétudes de chacun. « Oui c'est difficile, mais ce n'est pas possible de faire autrement. » Avant de prévenir : « Je vous signale que si nous étions une entreprise privée lambda nous serions en cessation de paiement. » Mais ses réponses ne semblent pas satisfaire les salariés qui ne cessent de le huer. « Vous mettez l'entreprise en danger en voulant externaliser les centres d'appels », répète Pascale de Vadder, déléguée CGT. Avant de rejoindre salariés et syndicats sur le site de Flers où un blocage du bâtiment s'improvise, cette dernière demande une dernière fois au DRH de changer son fusil d'épaule, en le menaçant de séquestration : « Vous pouvez revenir en arrière. Tous les salariés doivent garder leur emploi. » Rappelons que 674 postes sont menacés. Pour la direction, le reclassement de tous ne fait pas le moindre doute. Le prochain CE doit se tenir le 14 mai.

AURÉLIE JOBARD > aurelie.jobard@nordeclair.fr